La petite Minute culture historique d'une heure et demi par l’Héliographe (en personne)
Il était une fois, il y a moult années, un roi. Nous avons donc ici le stéréotype traditionnel d’une introduction classique du genre du conte de fée. Bon, ça c’est fait. Mais attention ! ce n’était pas le petit roi de supermarché, le roi d’opérette en plastique non, non ! Il s’agissait d’un roi de France ! Le bon vieux roi du terroir, bien de chez nous, les deux pieds dans la glaise épaisse ! Bon alors là, on dérape un peu, ce qui laisse imaginer au lecteur qu’il ne s’agit pas d’un conte de fée basique complètement niant-niant et cul-cul de surcroît. En l’occurrence, ce serait même plutôt un conte « cul » tout court. Parce que appelons un chat un chat : l’Histoire de France, c’est avant tout une longue et non moins enthousiasmante histoire de coucheries à travers les âges.
Rayonnant de la légendaire morgue franchouillarde dont on ressentit encore les violents effets un certain 21 Avril 2002, ce bon roi portant les armes des capétiens se nommait Philippe IV le Bel. Phil, pour les intimes. En voilà un qui n’avait pas une basse estime de son physique.
Monarque absolu de profession, il était marié à une gracieuse inconnue qui devait malgré tout valoir le détour. Comprenons-le : il allait pas se marier avec un boudin pour nos beaux yeux.
De leur idylle naquit quatre charmants bambins. Enfin plutôt trois charmant bambins car il y avait une fille dans le tas. Quelle tare ! Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le Roi de Fer comme on le surnommait, consentit à nourrir cet enfant qui avait eu le mauvais goût d’appartenir à la gent féminine rien que pour le contrarier.
Hélas, la Grande Faucheuse fut plus rapide que les assauts du temps pour faire courber l’échine à l’illustre souverain qui mourut subitement d’une maladie quelconque en 1314. C’était très à la mode à l’époque même si c’était moins classe que de mourir l’épée à la main… en l’occurrence plutôt l’épée dans le ventre.
Bref. Tout le monde pleura beaucoup mais à peine la dépouille en terre, toutes les larmes se séchèrent, et les regards encore humides lorgnant la Couronne exprimèrent subitement des sentiments beaucoup moins nobles et respectables. A qui va donc revenir le Trône, la couronne, le sceptre et tout le merdier d’apparat du feu Roi ?
Se mirent alors à fleurir des arbres généalogiques d’une objectivité douteuse tendant à prouver d’étroits liens de parenté avec Philippe le Bel. Mais son fils aîné congédia aimablement tout ce beau monde d’un coup de latte dans le derrière et enfonça d’un geste magistrale et décidé la couronne sur son royal chef en prenant le nom de Louis X le Hutain. Oui, on aurait pu aussi l’appeler Louis X le Lutin mais ça faisait tout de suite moins sérieux… Certains affirment qu’il aurait dit au moment de monter sur le Trône : « ça tombe bien, j’avais une grosse envie ». Mais laissons là les plaisanteries scatos des anciens camarades de classe à l’évidence jaloux du Dauphin, et opérons une infime et négligeable ellipse temporelle : C’est officiel : Louis X le Lhutain (comme ça tout le monde est content) a cassé sa pipe prématurément. Fichtre flûte. Et comme une tuile n’arrive jamais seule, le quidam laisse derrière lui une veuve braillarde enceinte et une petite fille de 4 ans. Décidément, quelle plaie !
Que faire, je vous le demande ! Parmi les éminences grises oeuvrant dans l’ombre autour du Trône de France, le frère cadet du Feu Roi lance innocemment, comme ça, l’air de rien, une idée : « Et si on attendait que le p’tit gigot en gestation naisse ? et puis comme ça en attendant, c’est moi qui prendrait le pouvoir ! hein ? dites ? les copains ! Et je m’appellerai Philippe V : ça fait bien non ? Comme l’ancien modèle mais en mieux !». On le voit à peine venir le lascar. Mais comme disait l’autre : « Plus c’est gros, mieux ça passe ! » et c’est passé. Mais manque de bol, le gigot était un garçon. Le Régent commença à voir rouge et à force d’incantations vaudou, le gamin mourut.
Et là, les choses se corsèrent sérieusement : faut-il laisser la couronne à la fillette de 4 ans et à ses tâches de rousseur? Zut, Zut et re-zut (quoi ? ne me dites pas que vous vous attendiez à un flot tumultueux de jurons outrageants tout de même !): « Le trône va encore me passer sous le nez ! » se dit le Régent Philippe V. Et c’est dans un réquisitoire digne du Schtroumf à lunettes avec le doigt en l’air et toute la panoplie, qu’il exposa sans rire à qui voulait l’entendre les trois bonnes raisons d’évincer la gosse du trône.
Tout d’abord, la mortalité infantile était élevée, ça c’était un fait, et si (par malheur) elle vivait, elle allait se marier tôt ou tard. Et la couronne du royaume pouvait tomber entre des mains étrangères malveillantes (à l’époque c’était un pléonasme… aujourd’hui encore, pour certains…). Il crut même bon d’ajouter sa petite touche personnelle à cette argumentation mal ficelée : « C’est une bâtarde !!!! » Et toc. Il fit admettre la règle selon laquelle les petites filles ne peuvent accéder au Trône de France. C’est ignoble. Mais mieux encore, il se fit sacrer (« C’est plus sûr »): « ça y est les gars, je suis roi ! alors respect, hein ! Mais vous pouvez toujours m’appeler Philippe V ». C’est vrai qu’on aurait pas supporté de l’appeler autrement…
Ses rivaux devaient vraiment être bourrés H 24 parce que les ficelles du bonhomme étaient grosses. Pas besoin de sortir de polytechnique pour le voir.
« Bien mal acquis ne profite jamais » : Philippe V passa l’arme à gauche et la couronne chèrement gagnée à grands coups d’intrigues, revint à son fils qui se fit appeler Charles IV le bel. Encore un modeste. Devant tant d’ignominie le Très Haut et Tout Puissant Miséricordieux aux Voix Impénétrables sortit de sa chimérique léthargie permanente et ne donna à Charles IV que des filles : « Bien fait ! ça l’apprendra à être un fils d’imbécile ». Sauf qu’en croyant faire justice à la petite pitchoune du Hutain, il engendra un chambardement monstre qui ne fit que compliquer d’avantage les choses. Si bien qu’à la mort de Charles IV, la succession était aussi claire que du jus de chaussettes sales. Il ne reste que des filles ! damned !
Parce que le 3ème enfant de Philippe IV le bel et donc la tante de Charles IV était justement une fille et que très logiquement, le Trône lui revenait de plein droit, de la même manière qu’il était tombé aux mains de son frère aîné. Mais il y a encore plus grave, Isabelle de France, la troisième enfant en question est mariée. Et pas à n’importe qui en plus ! Comble du comble son cher et tendre époux n’est autre que le Roi d’Angleterre, le meilleur ennemi héréditaire de la Glorieuse Nation Française. Bigre.
Toute l’aristocratie au nez poudré se voyait déjà obligée de cirer les pompes du Souverain de la perfide Albion. Tous tremblaient à l’unisson quand un juriste rappela que la Couronne de France était interdite aux femmes (ils auraient eu meilleur compte de l’écrire dessus avec un joli panneau, ça aurait évité des frayeurs à tout le monde: "Couronne interdite aux femmes même tenues en laisse"). Il reprenait ainsi l’argumentation hasardeuse qui n’avait décidément pas pris une ride de Philippe V. Tout le boulot était déjà fait. Ouf ! On respire et la Cour retourne à ses petites intrigues de luttes d’influences sur fond de gloussements sonores et d’hypocrisie.
Toutefois, Isabelle de France n’était pas complètement stupide et si elle mit le temps pour percevoir, comprendre et intégrer le raisonnement ardu de son défunt frère, elle fut plus percutante dans sa riposte. Elle avait un fils. « On est content pour vous » lui répondit la Régence. Mais lorsque Isabelle de France développa ses arguments qui tenaient à l’évidence bien mieux la route que le développement misogyne de son feu frère, le Char de l’Etat faillit faire un tonneau et le Régent confortablement installé tomba tout net de sa chaise. En effet, si Isabelle ne pouvait prétendre au Trône, pourquoi pas son fils ? Car enfin c’était le petit fils de Pépé Philippe IV le Bel. Et paf ! « va me prouver le contraire » Lâcha-t-elle avec dédain. Point d’héroïque cocorico en guise de réponse. Le réveil fut douloureux. Elle les avait bien baisés comme il fallait : si le petit fils de Philippe IV le Bel montait sur le Trône, il cumulerait la Couronne de France et la Couronne d’Angleterre à la mort de son british de père. Toute la Cour fit dans sa culotte. Il fallait trouver une astuce pour évincer ce gêneur d’outre-manche et toute une cohorte de juristes emplumés fut employée nuit et jour à éplucher les archives de l’Etat. Le Régent faisait déjà ses bagages quand la solution fut trouvée, habilement cachée dans les tréfonds du droit romain. Et c’est avec un sourire radieux que le Régent partit narguer la Reine d’Angleterre Isabelle, fort des grands adages romains : « Nul ne peut transmettre un droit qu’il n’a point. ». Cela signifiait qu’Isabelle de France ne pouvait transmettre à son « bâtard de fils » (fin de citation) le droit dynastique. Torpille en B4 : espoir coulé ! Le couple royal resta estomaqué et sembla accepter ce fait saumâtre en contemplant, impuissant, la consécration d’un neveu de Philippe IV le Bel.
Pourtant le Roi d’Angleterre et le grand machin qui lui servait de fils se ragaillardirent et contestèrent ces arguments artificieux mais trop tard : c’est la cause de la Guerre de 100 ans, rien que ça. Ah… Le flegme britannique… Il est d’ailleurs très probable qu’au bout de 50 ans, ils aient oublié pourquoi ils se battaient véritablement… Il n’empêche, ces fourbes d’anglais revendiquèrent le Trône de France jusqu’en 1802 ! C’est fou ça ! On raconte depuis que dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, Isabelle s’est cognée contre les murs.
Pour plus d’information, vous aurez qu’à regarder « Les Rois Maudits » qui sera toutefois un petit poil plus terre à terre et moins folklorique.
Modestement, à mes fans, et pour les lecteurs (fidèles) d'Eironeia, les meilleurs d'entre eux...
L’Héliographe.
Alors voila, les vacances arrivent...et déjà je suis tourmenté par les plus terribles tourment, rongé par les remords... Qu'allez vous devenir sans moi? Je vois d'ici vos regards résignés, brillants de larmes mais emprunts de compréhension... beuuaaaaahhhaa bouhouhou (gros chagrin) snif snaf snof ajouterai-je même. Je ne peux pas vous abandonner ainsi, tel un vieux chien galleux lâchement attaché sur une sordide et anonyme aire d'autoroute... Quelle belle comparaison poétique à souhait...
Je craque et je vous laisse un peu de lecture. Je suis trop gentil, oui je sais... c'est vrai, vous croyez? Je suis un bienfaiteur de l'humanité? rôôô vous me faites rougir... Mais c'est tellement vrai... bonbonbon coupons court aux flatteries (bien que réellement méritées j'en conviens...) j'ai des vacances à prendre moi!! Ceux qui disent que je suis toujours en vacances seront sévèrement punis (avec des lignes à copier et tout et tout, c'est très sérieux). Quant à ceux qui affirment que mon cerveau est en vacances... ils n'ont pas tout à fait tort mais quand même. ça suffit. je ne suis pas content du tout.
Il était une fois, le Droit (soupir d'extase)
Début du siècle, France profonde, Bled paumé, ciel bleu, fraîche matinée de printemps, oiseaux qui chantent, bourse qui remonte. Fort des développements prometteurs de l’aéronautique en ce début du XX° siècle, Mr Bayard, Clément de son prénom, baguette de pain, béret et tout l’équipement du Franchouillard moyen a un flash aussi inattendu que soudain en sortant de la boulangerie : « Les mongolfières c’est trop bien !!». C’est cool et flatteur pour l’inventeur de la mongolfière mais y’a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
« Qu’est-ce qu’il nous mijote celui-là ? » en voyant Bayard rentrer chez lui avec un sourire d’illuminé, son voisin affichait un air franchement sceptique teinté de la plus méfiante suspicion. « Font chier ces gens heureux ! ». Parce que n’ayons pas peur des mots, c’était un méchant voisin. Comme je vous le dis.
Pensant pour se rassurer qu’une bonne tuile ne tarderait pas à faire disparaître ce vilain sourire du visage radieux de son voisin, il alla se coucher à 20h03 et 34 secondes tapantes. Passant sur cette information capitale qui a déjà bouleversé le cours de votre vie (je sens ces choses là), penchons-nous sur la vie de cet honnête citoyen. Fils d’un homme et d’une femme (tiens, un original), tous deux voisins de profession, Mr Méchant Jr. passa une enfance paisible à peaufiner l’art du potin. Adolescence transparente, insipide et inodore : il fallait le reconnaître, Mr Méchant ne servait à rien. Pourtant ses parents avaient bien coché la case « servir à quelque chose » sur le bon de commande. Mais oui mais non : « excusez moi monsieur mais vous servez à rien, là. » Ah bon. Mais servir à rien occupe à plein temps :
c’est tout un art. Tenez par exemple : sourire bêtement : c’est super dur (enfin surtout quand on est intelligent par nature…comme moi). Bref. Non chut, je ne veux pas de commentaires.
Au petit matin, Mr Méchant fut réveillé par son hyperactif de voisin qui bricolait allègrement dans son atelier (oui parce que Mr Bayard servait à quelque chose, lui.) Mr Méchant se frotta les yeux : « Ben alors ? et la mauvaise nouvelle que j’avais commandée pour lui rabattre son caquet ? » Pourtant il avait bien fait sa petite prière à genoux devant son crucifix comme les honnêtes gens faisaient d’habitude… « Ah oui mais c’est vrai… Je sers à rien. » Voilà ! Il a tout compris. Je peux continuer ? « Pas de problème. » Merci.
Il se mit à observer avec attention son voisin crapahuter gaiement autour de son atelier et… Qu’est-ce qu’il fait, là, d’ailleurs ? « Ben il crapahute joyeusement autour de son atelier… ah non il est rentré… non ! il ressort… Il ouvre les grandes portes et… » Mr Méchant faillit s’étrangler : Clément Bayard s’était construit un charmant dirigeable.
« Et il va la faire décoller comment sa capote géante, le gros malin ? »
Clément Bayard n’avait pas pensé à ça… mais son cortex musclé ne tarda pas à trouver une solution : « il me suffit somme toute d’un peu d’espace… j’aurais qu’à survoler le terrain de Mr Méchant. » Oui mais voilà : ce n’était pas du tout du goût de Mr méchant qui ne supportait pas la simple idée de voir passer cet énorme machin au dessus de SA propriété. Pourtant Mr Bayard était allé lui demander gentiment l’autorisation, à grand renfort de basses flatteries certes, mais gentiment quand même. La réponse fut douce et mélodieuse à l’instar des petits oiseaux gazouillant tranquillement dans la faible lueur d’une douce aurore d’été (mais qu’est-ce que c’est beau) : « NooooooooooooooooooooooN (!!)». Les tympans volatilisés et la moumoute soufflée, Bayard rentra chez lui couvert de postillons : « Si tu crois, grande nouille (vulgarité extrême à l’aube de ce XXème siècle naissant) que j’attendais ta permission pour décoller… ».
Et dès le lendemain matin, le dirigeable levait l’encre. Notons d’ailleurs que l’idée que son engin puisse s’écraser ne lui avait pas effleuré l’esprit. Quel homme. Mr Méchant fit pipi par terre et se roula dedans : « Je suis très en colère ». On imagine.
« Tu vas voir ce que je vais en faire de ton gngngngngn de ballon … C’est une question de principe, on ne survole pas la propriété de ses voisins comme ça, même si ça me dérange pas, c’est une question de principe (décidément, il y tient !) à laquelle je suis attaché, c’est très sérieux on ne rigole pas avec ces choses là. ». Et là, il a l’idée qui tue, l’idée qui « pète sa grand-mère la chauve » (au risque d’être un tantinet progressiste linguistiquement) : il planta des piquets en bois, d’inspiration camp retranché romain sur le segment de son terrain juxtaposé à celui de Mr Bayard de sorte que la demi Droite (AB] = f(x) 23 + Gy (3x + 12). C’est pourtant très clair.
Si bien qu’au petit matin suivant, Clément Bayard se vautra avec panache après que les pieux en bois aient transpercé de part en part son aéronef en plein décollage. Mr Méchant ne supportait pas que son terrain soit survolé par les Ovnis de Bayard mais que l’engin s’écrase magistralement au beau milieu de son poulailler ne le dérangeait pas plus que ça : « ce n’est pas du tout pareil ». En effet.
Mais Bayard était du genre à ne pas se laisser abattre « par un vilain garnement malicieux et polisson » (sic)(traduire « un putain d’enculé de sa mère en slip ») et répara derechef son dirigeable. (« non mais sans blague ! »)
Mr Méchant tomba de sa chaise : « ‘cré vin Dieu ! Je m’en vais te me le torpiller, moi, son baudruche !! » la riposte fut immédiate : des pieux encore plus haut et surmontés de pointes en acier tranchant : « c’est plus sûr ». Si vous le dites.
« Azur, me voic… » Bayard n’eut pas le temps d’achever son exclamation poétique et se retrouva à nouveau le nez au beau milieu des gallinacés. Ça devenait décidément une habitude. Son matériel rassemblé, et les civilités de bases échangées avec Mr Méchant (« Bien le bonjour connard » / « Belle journée n’est-ce pas enfoiré ? »), Mr Bayard rentra chez lui (c’est assez logique : où vouliez vous qu’il aille avec ses débris de mongolfière ? Non parce qu’après on me dit que c’est classique, bidule tout ça…).
Bayard en avait perdu le sommeil… Il avait pourtant tout essayé… sauf… porter plainte. Le franchouillard moyen est gentil, mais faut pas trop le chauffer non plus.
Mr Méchant n’attendait que ça : les juges hilares lui firent droit au titre qu’il était propriétaire du sol, du sous-sol et de l’espace surplombant son terrain.
Mr Bayard s’obstina et interjeta appel (oui en fac de droit, on ne fait pas appel… c’est bon pour les rustres. On « interjette appel» (littéralement jeter au milieu).
Donc Clément Bayard jeta un appel au milieu et se fit jeter lui-même dehors sous le regard satisfait de Mr Méchant : retour à la case départ, ne touchez pas 20 000 Francs. Bayard choisit la case cassation : il y tenait à son affaire de ballon. Il s’apprêtais à se recevoir un grand coup de pied au derrière et protégeait déjà son postérieur mais rien ne se produisit. Les juges discutait de son affaire avec un air très sérieux. « Rentrez chez vous, Monsieur, votre affaire est délicate, on vous appellera dans deux ans. » Bayard n’en croyait pas ses oreilles (mais qu’est-ce qu’elle est con cette expression ! Non mais attendez: Bon les oreilles, là, je vous crois ou non ? vous avez les preuves de ce que vous avancez là ? hum ? soyons sérieux.) Bon peu importe, il ne les croyait pas un point c’est tout:
«_ C’est vrai monsieur le juge ? vous acceptez mon affaire ? et sans coup de pied au cul ?
_ Ben justement, on se tâtait sur ce dernier point…
_ Ok, ben allez-y alors.
_ Paaaf. »
Sur ces entre faits à tendance franchement masochiste de Clément Bayard, la première guerre mondiale éclata. Et Bayard se retrouva au front sans avoir eu le moindre courrier de la Cour de Cassation. Pourtant, ça bossait dur dans les chaumières : on inventait des concepts à tout casser ! Si les vocifération de Mr Méchant étaient légitimes, Mr Bayard avait le droit de donner libre cours à sa passion. Et Mr Méchant avait beau être propriétaire de son terrain, les pieux en bois étaient seulement là pour ramener au plus vite son voisin sur la terre ferme contrairement à ce qu’il prétendait : « c’est de l’art moderne, votre honneur ! » Et en plus il joue le lèche botte. Il sert vraiment à rien celui-là ! Les juges ne le loupèrent pas là-dessus et lui flanquèrent sous le nez leur dernière théorie fumeuse : l’abus de droit. C’est pas beau ça madame ? Mr Méchant avait donc ainsi abusé de son droit de propriété en plantant des pieux dans l’unique but de nuire à son voisin. « Si on peut même plus servir à rien… ». Courage Mr. Méchant : vous pourrez servir à rien dès l’invasion de la France par les nazis.
C’est ainsi que sans le vouloir, Mr Clément Bayard honnête citoyen de la très glorieuse et prestigieuse République Française fut à l’origine de la fameuse théorie de l’abus de droit. Il était Fort Bayard. (comprenez moi, il fallait que je la place celle-là…)
Sur ces bonnes paroles de prophète philosophe intellectuel visionnaire, je vous souhaite de bonnes vacances (qu'est-ce que vous vouliez que je vous souhaite d'autre? franchement!) et vous prie d'agréer du haut de votre auguste bienveillance l'expression de mes salutations distinguées.
Open bisous (comprenne qui pourra)
l'Héliographe
La petite minute de culture littéraire (toujours par l'Héliographe: qui vouliez-vous que ce soit d'autre? Ah non mais ça y est! on fout le vieux dehors! ah non mais faut s'les farcir hein!) Hein? quoi? Ouiouioui ne vous inquiétez donc pas (c'est mauvais pour vos nerfs) je mettrai une ou deux photos pour distraire un peu les noeinoeil!
Comme promis, je viens par la présente donner mon avis sur le dernier bouquin que j’ai lu. Oui parce que ça m’arrive aussi. Je ne passe pas ma vie à rien foutre bien que ça occupe une bonne partie de mon emploi du temps. Je ne m’appartiens plus, pour ainsi dire.
Alors voilà, le dernier bouquin que j’ai lu, c’est « Une Banale Histoire » d’Anton Tchékohv (si je me rappelais de l’aurttograffes exacte de son nom ce serait bien… ah oui voilà Tchékhov. Làààà ! vous êtes content ?) Alors ne vous mettez pas à hurler : car si le très célèbre auteur dramatique fleurant bon la fin du XIX° siècle et le faste de la grande Russie impériale est teinté d’une couleur un tantinet intello et prise de tête, il n’en est rien en réalité.
Le titre de la nouvelle annonce la couleur et l’auteur de « La Mouette » ne nous trompe pas sur la marchandise : c’est vraiment une histoire banale, inutile, inintéressante au possible ; une histoire comme il en arrive tous les jours à n’importe qui : le drame de la vieillesse, la solitude, l’ennuie ressentit quand on ne sait plus quoi désirer, la recherche de son Moi profond, la désillusion. Aussi si vous attendez une histoire prenante, palpitante, vous tenant en haleine et mettant tous vos sens en alerte, n’ouvrez pas même ce livre.
En revanche si vous aimez la poésie, la littérature pour la littérature, alors vous plongerez avec délectation dans le style riche et onctueux de Tchékhov qui a l’art de traduire les émotions les plus personnelles avec les mots les plus simples et les plus justes. Les anecdotes se succèdent, la verbe coule comme de l’eau et l’on prend rapidement goût aux métaphores et aux comparaisons qui sonnent toujours étonnamment juste 150 ans après… De fait, on se lie avec le personnage principal qui est également le narrateur (le scientifique blasé comblé d’honneurs mais malheureux au crépuscule de sa vie ne serait-il pas le reflet de Tchékhov ? oula oula on se calme) et l’on se sent sombrer un peu plus à chaque page dans la noirceur épaisse de ses pensées.
Pour moi, ce fut un très bon moment, abordable par sa concision et enchanteur par le style et la maîtrise poétique. Tchékhov (que je connaît assez mal) me semble faire partie des poètes capables de « décrire le bruit de pas léger sur l’herbe humide ».
Bref, élève curieux, travailleur, beaucoup de finesse et une très belle plume, peu d’absences ce trimestre… Poursuivre les efforts. Passage en classe supérieur avec les félicitations du Conseil de Classe. Ça doit être jouissif d’être prof au conseil de classe.
Bien respectueusement,
l'Héliographe
En surfant allègrement et régulièrement sur Internet, on trouve des sites aux concepts aussi variés que surprenants. En excluant d’office les 50% du web consacrés aux sites pornographiques de tous poils (sans mauvais jeu de mot), il reste une bonne proportion de surprises cocasses et divertissante à souhait : ainsi trouve-t-on un site consacré exclusivement aux pires horreurs architecturales consacrant le triomphe du béton brut et du crépi gris crasseux. Dommage que j’ai perdu l’adresse parce que figurez vous que nous, honnêtes et ordinaires citoyens, pouvions participer à la surenchères de clichés à rendre dépressif un escadron de gais pinsons (ouh comme c’est mignon cette expression ! « gai pinson » ! faudra que je la place plus souvent celle-là !) Mais laissons là les expressions doucement désuètes dont le charme et l’élégance la plus subtile font toujours leur petit effet, et abordons sans tarder le second volet de cet article. Car j’ai trouver le site ayant élaboré le concept le plus inattendu : les « Darwin awards » ou le site consacré à « ceux qui améliore le patrimoine génétique de l’humanité en la quittant. ». De l’humour froid… c’est le cas de le dire.
Voilà qui annonce la couleur: les morts les plus stupides de l’année sont ainsi référencée, archivées, classées et récompensées. Se succèdent alors un festival de catastrophes macabres toutes plus désopilantes les unes que les autres. C’est horrible ? Oui je sais… mais c’est tellement risible et burlesque que l’on peine à réaliser que c’est réellement arrivé.
Tout en haut de ce palmarès impressionnant, on peut notamment trouver un homme qui voulait démonter une mine antichar. Il roula dessus avec sa voiture sans succès. Sa virilité piquée au vif, il s’arma d’une masse pour écrabouiller la mine qui lui explosa à la figure, réduisant son garage en petit bois fumant. Ce n’était pas une mine antichar qui allait lui résister non plus !
D’autres choisirent une méthode moins tape à l’œil : un jeune homme se tira une balle dans la tête en jouant à la roulette russe avec un semi automatique, en oubliant que ce petit jeu sans conséquences se pratiquait avec un revolver à barillet…
Un autre encore tenta de faire voler un cerf-volant en fils de cuivre pendant un orage. Il fut rôti sur patte. C’est propre, rapide… civique pour tout dire.
Enfin un dernier s’exhibant avec fierté en costume de batman devant sa femme lors d’un jeu sexuel, monta sur la commode, se pris les pieds dans sa cape, tomba et s’explosa la tête contre l’angle du pied du lit. Poum-par-terre-tombé-a-plus.
J’en passe et des meilleures.
Mais le plus amusant et sans doute le plus éloquent, c’est la ténacité avec laquelle les américains s’acharnent à se maintenir à la première place dans tous les domaines… même les pires ou les plus débiles.
Cimetièrement vôtre,
L’Héliographe.
Rhââââ Rose bonbon et jaune pipi... tout ce que j'aime et les feuilles autour là, les 7 pauv' feuilles qui servent à rien... pfff mais qu'est-ce que c'est laid tout ça...
Standard, insipide, administratif, bureaucratique...
No comment
ça... mouais ça pique les yeux bien comme il faut... oula c'est pas beau!
Il paraîtrait que le dernier numéro de Captain America soit sorti aux Etats Unis. Le super héros super has been (avis purement personnel que je partage avec moi-même) créé en 1941 pour fortifier le sentiment patriotique pendant la Seconde Guerre Mondiale n'a donc pas dit son dernier mot. C'est amusant parce que vous imaginez, vous, un Capitaine France? Avec un gros "F" sur le citron, le kil de rouge, la baguette de pain, les bretelles et le béret? Impensable. Quoique ce pourrait être amusant comme performance d'auto dérision. Y'a un concept.
Oula!! Un congrès du Front National?
Il a redécouvert « La Petite Musique de Nuit » de Mozart. Il l’écoutait en boucle alors qu’il n’avait que 3 ou 4 ans… Il la connaissait par cœur et ne s’en lassait pas. Il ne savait pas qui avait écrit ça et ne voulait pas le savoir… Ces question ne l’effleuraient pas. Il avait simplement trouvé cette vieille cassette dans un placard à sa hauteur. Il l’avait finalement définitivement adopté.
Il n’avait encore pas compris que la photo sur la boîte n’avait aucun rapport avec la musique: on y voyait sur fond marron (moche il faut le reconnaître) deux femmes, vêtues de robes à froufrou du 17ème siècle. L’une d’elle, de dos, tenait une ombrelle et se retournait de trois quarts, comme pour vérifier que la seconde la suivait bien, tout en l’invitant à aller plus loin. Lui qui n’y voyait pas grand chose à cette époque s’imaginait que c’était un dame qui forçait son fils à aller dormir. Il détestait cette bonne femme tout en adorant la musique. Il cherchait donc à trouver des liens entre les deux… Quand les contrebasses jouaient ce devait être la mère qui se fâchait… Tout un petit monde s’était progressivement construit, changeant selon ses humeurs, florissant à chaque écoute.
Puis il l’a oublié, ce n’était plus qu’un nom, l’air s’était enfui prenant avec lui des parcelles de cet univers qui n’avait alors plus de sens. Impossible de s’en souvenir : ils se livraient à une véritable partie de cache-cache, l’air se suggérant de temps en temps puis se confondant avec un autre, se dérobant à chaque fois qu’il pensait le tenir. Ce petit jeu dura un certain temps, jusqu’à ce que la mélodie revienne en force récemment.
Il n’avait jamais essayé de rechercher la musique… Il avait gommé son existence jusqu’à ce qu’il s’éveille un matin avec l’air joyeux dans la tête, comme s’il ne l’avait jamais quitté. Le besoin de retrouver cette musique se fit pressant pour pouvoir à nouveau s’y plonger comme avant, dans l’insouciance d’un douillet et paisible samedi après midi. Il fouilla partout, ne rangea rien et retrouva la cassette. Et c’est avec une certaine appréhension qu’il ouvrit le boîtier, comme s’il touchait à quelque chose de sacré. Il avait à nouveau trois ans. Chaque note était la brique d’un univers, d’une sensation, d’une vision du monde depuis longtemps disparue. Il retrouvait la vie dont il avait eu tant de mal à se séparer, la tranquillité, la quiétude de ces jours où il restait allongé au milieu de sa chambre sur son tapis après le repas de midi, la tête calée sur son doudou, une oreille collée contre son petit magnétophone, baignant dans l’odeur chaude de café qui flottait dans toute la maison.
La musique n’a pas changé, l’air est le même (pourquoi auraient-ils été différents?). Pourtant l’impression de découvrir chaque thème est plus forte. Il attend chaque note avec une sorte de timidité, craignant un changement… un peu comme s’il avait retrouvé un ami dont il était resté longtemps sans nouvelles. La joie bouillonne de le revoir, les souvenirs se bousculent mais une appréhension est là comme si la personne était double, avec la part que l’on connaît et l’autre à découvrir ou à redécouvrir: est-il toujours le même ? comment a-t-il évolué ? l’aimera-il comme avant ?
Déjà la fin se fait sentir et l’accord final conclut, triomphant, comme toujours dans Mozart.
Le silence qui suit est redoutable : la sensation donnée par la musique se dissout et il retombe violemment sur terre. Le souvenir s’est fracassé et l’atmosphère ouatée transpercée par le scalpel de la froide réalité. La pièce est baignée de la blême lumière hivernale… Le soleil s’est éclipsé, le tapis et le magnétophone ont disparu… Se dressent à leur place un bureau en désordre. La cassette qu’il tient entre les mains fait figure de vestige, pièce maîtresse d’un puzzle incomplet et voué à disparaître. Il a redécouvert « La petite Musique de Nuit » de Mozart.
Petitemusiquement vôtre,
L'Héliographe
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