S'il n'aima...
Petit Instant Critique
par
l'Héliographe
Jeudi 26 Avril 2007, je me couche comme à mon habitude à une heure tardive : il est déjà 21h… Plus que 11h de sommeil… Je vais encore être crevé. Il faut que je me dépêche de m’endormir ! Alors hop ! méthode turbo. J’enclenchais déjà la quatrième vitesse pour atteindre la Dodosphère plus vite quand tout à coup (suspense insoutenable, je sais je suis très fort merci. Vous me laissez continuer maintenant ?)… quand tout à coup, disais-je, je repensais brusquement à la promesse solennelle que je vous avais faite lors de l’Acte de Naissance de ce Blog le 8 Février dernier vers 12h.
Précision redoutable, comme vous pouvez le remarquer… ça impressionne hein ? non mais c’est normal, ça fait toujours ça au début…
Bref mais que vous avais-je donc dis de si important en ce jour exceptionnelle qui devrait faire l’objet d’un jour férié pour fêter la naissance d’Eironeia ? hum ?
Je vois que personne ne suit, ça fait plaisir.
Hé bien j’avais prévu de relater mes diverses et palpitantes sorties culturelles tant distrayantes qu’enrichissantes.
Rassurez-vous, je ne vous ferai pas l’éloge de Tchékhov pendant 3 plombes comme la dernière fois… Non, là, il s’agit d’un sujet beaucoup plus léger, frivole, futile et non moins réjouissant : un film ! Ou devrais-je plutôt dire une comédie audiovisuelle destinée à être diffusée sur grand écran pour un large public dans un cinéma.
Aussi ne puis-je pas résister ne serait-ce qu’une minute encore à vos yeux émerveillés m’implorant de vous révéler prestement le titre de ce chef d’œuvre.
Il s’agit de… (j’ouvre ma petite enveloppe pour faire croire que je décerne un César… Quel moment magique ! Et qu’est-ce que j’ouvre bien les enveloppes ! Dommage que vous ratiez ça ! Je devrais être embauché aux Oscars !)
Les Vacances de Mr. Bean
C’est marrant, je sens comme un flottement tout à coup… Déçus ? C’est normal.
Ça me l’a fait aussi : je n’étais pas vraiment optimiste sur la qualité du film que j’allais voir… Je pensais que ce serait tellement débile que j’en rirai comme un gros niais que je suis à mes heures (du Lundi au Vendredi de 10h à 19h, fonctionne aussi les jours fériés)… Et encore… j’en étais même pas sûr… C’est vous dire.
Bon, évidemment, ce n’est pas du grand cinéma que je vous présente là… Mais parfois, il est normal, pour ne pas dire humain de vouloir se détendre devant autre chose qu’un film psychologique prise de tête, tout en évitant l’émission débile de TF1 ou le 21232891ème épisode de New York 911 sur la 6…
Je vous prépare même des arguments au cas où vous voudriez aller voir ce film tout en craignant de ne pas assumer.
Toujours est-il que j’y suis allé. On ne va pas discuter là dessus trois plombes non plus !
Eh bien figurez-vous que j’ai été très agréablement surpris. Et vous vous en doutiez, parce que sinon je n’en parlerais pas ici et j’aurais même détruit toute preuve de ma présence dans la salle où le film était projeté. J’ai une réputation tout de même.
Tout d’abord, Mr. Bean c’est les années 1990, c’est notre enfance, c’est ce temps béni où l’on pouvait regarder les pires conneries à la télé en se réfugiant derrière notre prétendue absence de sens critique pour échapper aux sarcasmes des plus grands… Bref Mr. Bean, c’est tout une époque.
Mais contrairement aux épisodes destinés à la petite lucarne, la majeure partie des gags du film ne sont pas lourds et empâtés.
Même s’ils demeurent très prévisibles, c’est justement ce qui nous fais jubiler.
Aussi me suis-je surpris à rire de bon cœur devant la scène fumeuse du marché (s’il y a une scène à voir, c’est celle là). Je dis « de bon cœur » parce qu’il existe des gens qui se forcent à rire, histoire de se convaincre qu’il n’ont pas payé pour rien.
On en trouve beaucoup dans les spectacles d’humoristes notamment : le gars arrive, il dit simplement « bonjour » et la moitié de la salle est morte de rire comme s’il venait de sortir la vanne du siècle. Vous n’avez jamais remarqué ? Tiens, d’ailleurs ça pourrait faire l’objet d’un chtit article sur le Forum d’Eironeia, ça !
Mais passons et revenons-en à notre Mr. Bean qui est en train de refroidir.
Autres éléments notables qui participèrent à forger la bonne critique je suis en train de brocher sur ce film : la photo et la musique.
Aussi surprenant que cela puisse paraître pour un film de ce type, c’est le soin tout particulier dont profita la photographie. Le montage est original, les paysages sont beaux, et le tout donne une ambiance chaleureuse réconfortante.
Ajoutez à cela une Bande Originale soignée et variée et le tour est joué.
A mon avis, un film dont la BO est raffinée ne peut être un pur navet.
Alors que l’inverse est possible à mon sens.
Pour exemple, prenons – toujours dans la catégorie des films hautement intellectuels - « La Nuit au Musée ».
Bon. Le concept est original (encore que). Mais le BO est à pleurer. C’est LA musique du film américain par excellence où les actions sont soutenues à grand coups de cuivres en tous genre, pour laisser place à de dégoulinants violons mièvres pour les scènes romantiques nauséeuses.
Vous voyez ce que je veux dire là ?
D’ailleurs je dirai même plus : la musique est pour moi la base d'un film (en plus du scénario bien sûr). Si elle prend l’eau, le film coulera avec.
Avis aux amateurs, donc, pour aller voir un film qui, s’il n’est pas extraordinaire, a au moins le mérite de divertir sur un autre registre que le plupart des pâles comédies qui peuplent les écrans de cinéma…
Aller ! 7,5 / 10 en notant sec…